Communiqué de presse du SNALC du 7 mars 2024
Le SNALC, organisation syndicale représentative, a pu échanger ce matin avec la ministre Nicole Belloubet quant à ses annonces sur les fameux groupes de niveau en collège.
Le SNALC a rappelĂ© que la dimension très idĂ©ologique (et sĂ©mantique) qui a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă ce dĂ©bat relègue au second plan ce qui prĂ©occupe rĂ©ellement les collègues : les moyens horaires, les conditions de mise en Å“uvre, les emplois du temps, la libertĂ© pĂ©dagogique. Au 1er septembre prochain, la question ne sera pas de savoir si le groupe est « de niveau » ou pas « de niveau », mais de savoir s’il est tout simplement possible d’organiser l’annĂ©e scolaire en français et en mathĂ©matiques.
Le ministère continue de s’entĂªter dans un schĂ©ma irrĂ©alisable sur le terrain : des groupes sur la totalitĂ© de l’horaire, avec une rĂ©vision de la composition de ces groupes plusieurs fois pendant l’annĂ©e. Le SNALC a pourtant averti tous les ministres de l’Éducation nationale qu’il a pu rencontrer ces derniers temps : cette double contrainte crĂ©e une usine Ă gaz qui aura des consĂ©quences invraisemblables en termes de conditions de travail, d’emploi du temps et de progression pĂ©dagogique sur l’annĂ©e. Peine perdue : les annonces politiques conjuguĂ©es Ă l’idĂ©ologie priment sur la rĂ©alitĂ© des Ă©tablissements et sur la crise des recrutements, particulièrement marquĂ©e en français et en mathĂ©matiques.
La ministre a toutefois expliquĂ© qu’il serait dĂ©sormais possible de dĂ©roger Ă ce principe, en ouvrant la possibilitĂ© d’avoir des moments oĂ¹ les Ă©lèves seront regroupĂ©s par classe au cours de l’annĂ©e. Pour le SNALC, c’est encore plus dĂ©structurant et compliquĂ© en termes d’organisation que la version prĂ©cĂ©dente, sauf Ă faire de cette dĂ©rogation… la norme. Cela reviendrait Ă enterrer purement et simplement la mesure. Ce sont les collègues enseignants et chefs d’établissement qui vont, une fois de plus, devoir gĂ©rer l’injonction contradictoire : obĂ©ir Ă un ordre impossible Ă rĂ©aliser, ou se voir reprocher d’avoir Ă©tĂ© rĂ©alistes et pragmatiques. Il faudra aussi remonter un document au rectorat pour expliquer l’organisation retenue dans le collège : les rectorats n’ont-ils pas autre chose Ă faire de leur temps ? Le SNALC constate que la gestion des ressources humaines Ă l’Éducation nationale continue dâ€™Ăªtre une catastrophe.
Le SNALC accuse donc le ministère d’avoir saboté sa propre mesure, en n’ayant ni expertisé, ni mis les moyens horaires et humains suffisants, ni écouté les lanceurs d’alerte que nous sommes. La question des élèves en difficulté est désormais bien loin : le SNALC prédit que d’ici deux ans, le volontarisme politique aura été digéré par l’ « autonomie de l’établissement ». Resteront des contraintes inutiles à certains endroits, des élèves pas mieux aidés et des heures de soutien, de dédoublements et d’options qui auront définitivement disparu.