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francebleu – Quelle école pour demain ?

« ... On voit alors fleurir tout un tas de sujets très intéressants sur lesquels, d'ailleurs, on travaille parfois, mais où l'on est censé finalement servir de béquille à toute la société sachant que l'école est en crise aujourd'hui. »
Jean-Rémi GIRARD
Président du SNALC

Quelle école pour demain ? Jean-Rémi Girard, professeur et président du SNALC, est revenu sur les propositions émises sur “l’école de demain” dans le cadre de la grande consultation citoyenne avec make.org. sur francebleu le 16 novembre 2023.

francebleu – Wendy Bouchard

 À nos côtés, Jean-Rémi Girard, qui est professeur de français et président du SNALC, le syndicat national des lycées, des collèges et des écoles du supérieur. Bonjour Jean-Rémi Girard. 

SNALC – Jean-Rémi Girard

Bonjour Wendy Bouchard. 

francebleu – Wendy Bouchard

Alors, on entend bien que l’école concerne tout le monde et que tout le monde a un avis sur l’école. Il y a une charge mentale quand même du côté des enseignants qui est colossale parce qu’on dit toujours que l’école est le lieu de tous les possibles. Si on n’arrive pas à résoudre un problème, il faut que cela se passe à l’école.

SNALC – Jean-Rémi Girard

Oui, d’ailleurs, c’est une tendance que l’on observe de plus en plus. C’est-à-dire, comme on a pas mal de difficultés parfois dans les familles, dans la société en général, la facilité est de dire qu’il suffit de mettre cela à l’école. On voit alors fleurir tout un tas de sujets très intéressants sur lesquels, d’ailleurs, on travaille parfois, mais où l’on est censé finalement servir de béquille à toute la société sachant que l’école est en crise aujourd’hui. On a du mal à recruter des enseignants, il y a une désaffection pour nos métiers, et ce n’est pas simple de gérer d’une part un système qui est essentiel dans la société, un des piliers de la République auquel on demande de plus en plus, et en même temps, sur le plan individuel des professeurs, des accompagnants d’élèves en situation de handicap, des personnels qui ont le moral dans les chaussettes, comme le montrent les enquêtes du ministère lui-même. 

francebleu – Wendy Bouchard

En tout cas, on va vous soumettre un certain nombre de propositions écrites ou orales, parce qu’on a 4 ou 5 auditeurs qui veulent déjà participer, et qui ont participé à cette consultation en ligne sur Make.org. Axel Dauchez, je vous donne par exemple l’idée de Simon. Simon a 29 ans et il dit qu’il faut rétablir la note de vie scolaire au collège et au lycée pour inciter les élèves à adopter un bon comportement voire l’améliorer. La note de vie scolaire, Jean-Rémi Girard..?

SNALC – Jean-Rémi Girard

Alors, la note de vie scolaire, j’ai connu parce que j’étais professeur de collège à une époque où ça existait encore. C’était fabriqué de manière artificielle en réalité. Ce qui marchait pas mal en revanche, c’est que moi et d’autres collègues d’ailleurs avions adopté, c’était dans nos cours d’avoir une évaluation sur l’attitude, le travail, le fait d’apporter ces affaires, mais au sein du cours. Parce qu’à partir du moment où on fait une note globale sur le trimestre de tout le monde, ça commence à devenir très compliqué de l’articuler, de la réfléchir collectivement, et elle ne veut souvent plus dire grand-chose à la fin. En revanche, dans sa classe, effectivement, ça peut être, je l’ai vécu, je l’ai utilisé, et ça avait une grande, grande, grande efficacité. 

francebleu – Wendy Bouchard

Voilà une de ces 1304 propositions. Elles sont en général très concrètes, Axel Dauchez. C’est ça la vertu de ces consultations aussi ? […] Bien sûr, recentrer les apprentissages. On comprend très bien ce que vous voulez dire, et Jean-Rémi Girard peut réagir.

SNALC – Jean-Rémi Girard

Alors, c’est une idée très intéressante, et d’ailleurs, certaines disciplines ont connu une sorte d’évolution vers de plus en plus d’abstraction, ce qui les rend de moins en moins faciles parfois à comprendre, y compris pour les élèves. Je pense à la technologie. La discipline de la technologie, nous, on faisait de la technologie et on était en train de fabriquer des objets. En fait, c’est une discipline qui a perdu beaucoup de cet aspect-là, et on est en train d’y revenir un petit peu, sauf que maintenant on n’a plus le matériel, on n’a plus ce qu’il faut en termes de matériel non plus, et ça a probablement été une grande perte. D’ailleurs, on vient de supprimer, je rappelle, la technologie en classe de sixième. C’est probablement une grosse erreur.

Après, c’est toujours très compliqué si on va sur l’aspect de ce qui servira plus tard ou ce qui a une utilité immédiate. C’est toujours très compliqué de savoir qui décide de ce qu’il y a une utilité immédiate. Je suis professeur de français, par exemple. La poésie a rarement une utilité immédiate. Néanmoins, il me semble que c’est quelque chose de très important à l’école, et je ne pense pas du tout que l’auditrice dise quelque chose de différent. Mais c’est toujours compliqué de savoir à quel moment le côté ‘ça va vous être utile’ marche, parce que parfois ça ne vous est pas utile, et parfois des choses, on ne sait pas que ça va nous être utile plus tard non plus.

francebleu – Wendy Bouchard

Ça peut peut-être aussi passer par des interventions extérieures. Hier, on parlait de la Semaine de la Création de l’Artisanat, et je recevais une association formidable qui s’appelle ‘De l’Or dans les mains’ et qui va justement démontrer que les métiers manuels sont extrêmement importants dans les collèges pour sensibiliser les jeunes.

SNALC – Jean-Rémi Girard

Oui, ça, c’est ce qu’on appelle la découverte des métiers. C’est très important parce que les élèves en fin de troisième, ils ont un premier palier d’orientation où ils peuvent aller vers la voie professionnelle, et c’est quelque chose qui existe dans les textes du ministère. On est censé faire de la découverte des métiers, mais il n’y a pas d’horaire, c’est assez flou. C’est souvent en fonction de ce qu’on a localement, mais on n’est pas obligé non plus de choisir un métier simplement parce qu’il est présent dans un rayon de 50 km. Donc, cet aspect-là, le fait d’avoir des contacts importants avec le monde du travail pour au moins montrer une certaine diversité des choses, des champs des possibles, ça, c’est vrai, c’est intéressant.

« La France est l'un des pays dans lequel le climat de discipline, ce qu'on appelle le climat de discipline, est le moins bon, c'est-à-dire qu'on passe plus de temps à faire de la discipline en classe.»
Jean-Rémi GIRARD
Président du SNALC

francebleu – Wendy Bouchard

La suggestion selon laquelle dès le primaire, il faut organiser des ateliers pratiques sur le respect dans les lieux publics, comme au Japon où l’on a plein de sujets comme cela, en effet, sur le civisme, sur l’apprentissage. Jean-Rémi Girard, vous êtes bien placé pour savoir que c’est important à l’école. 

SNALC – Jean-Rémi Girard

Bien sûr, alors il y a de l’enseignement moral et civique dès l’école primaire qui continue. Nous sommes demandeurs d’ailleurs qu’on revoie les programmes d’enseignement moral et civique de l’école et du collège qui nous semblent s’éparpiller dans beaucoup de directions et qu’on pourrait peut-être recentrer sur les choses essentielles. Maintenant, ce qui est dit montre aussi ce phénomène de ‘il y a quelque chose qui ne marche pas très bien’. Il faudrait que l’école fasse cela. C’est-à-dire qu’à un moment, si on est à la fois sur le civisme, sur le développement durable, sur le changement climatique et sur tous ces sujets qui sont importants, et le harcèlement scolaire, un sujet absolument essentiel, à un moment, il faut aussi qu’on fasse la transmission des savoirs, qu’on fasse le français, les mathématiques, la géographie 

francebleu – Wendy Bouchard

[…] Jean-Rémi Girard va vous répondre parce que c’est vrai que Gabriel Attal a qualifié de résultat inquiétant les évaluations nationales qui ont été passées en septembre dernier. Pour la première fois, les élèves de quatrième ont été évalués, de même que les élèves de CP, CE1, CM1 et de sixième. Il y a un affaissement du niveau général, Jean-Rémi Girard ?

SNALC – Jean-Rémi Girard

Alors oui, cela s’est montré par les enquêtes du ministère. On n’a même pas besoin d’aller chercher les enquêtes internationales pour cela. Par exemple, le département statistique du ministère réalise une dictée qui a commencé la première fois en 1987 sur un panel d’élèves sortant de CM2, et on l’a menée à intervalles réguliers. Effectivement, le niveau orthographique et grammatical est en chute libre depuis la première fois qu’on a fait passer cet exercice. 

francebleu – Wendy Bouchard

Mais c’est ce que vous demandez, n’est-ce pas ? Vous souhaitez vous recentrer sur les fondamentaux.

SNALC – Jean-Rémi Girard

C’est très important de se recentrer sur les fondamentaux, et ce que décrit Cathy comporte également une part qui est objectivée très clairement sur le fait que l’on joue beaucoup le rôle de gendarme, si je puis dire. Cela est montré dans l’enquête PISA, car cette enquête pose également des questions à ce sujet. La France est l’un des pays dans lequel le climat de discipline, ce qu’on appelle le climat de discipline, est le moins bon, c’est-à-dire qu’on passe plus de temps à faire de la discipline en classe. Alors, parce que nos classes sont parmi les plus chargées d’Europe, cela joue sans aucun doute, car effectivement les enseignants sont assez épuisés en France.

francebleu – Wendy Bouchard

Il y a beaucoup de Français qui demandent justement que les effectifs soient réduits.

SNALC – Jean-Rémi Girard

Oui, ce serait une nécessité. À un moment, on ne peut pas enseigner les langues vivantes. Imaginez les collègues qui font de l’anglais par paquet de 30. À un moment, il ne faut pas croire que le niveau oral va être miraculeux, même avec les outils numériques qu’on utilise aujourd’hui pour essayer de pallier un peu ça.

francebleu – Wendy Bouchard

[…] Merci en tout cas, car on ressent votre investissement et la nécessité que les parents aussi cherchent de l’autorité.

SNALC – Jean-Rémi Girard

Beaucoup cherchent cela, et on a du mal parfois, encore plus à l’école primaire, parce qu’il n’y a que les enseignants et personne d’autre. Le directeur, la plupart du temps, est en classe. Il faut voir aussi que les relations sont parfois tendues avec certains parents, et que nous, on n’a pas toutes les clés pour gérer cela. Parce que nous, on gère les élèves, les parents, c’est plus compliqué, et notre hiérarchie ne nous soutient pas tout le temps non plus. Voilà, donc c’est important que les parents soient acteurs et c’est important qu’on arrive à s’entendre.

francebleu – Wendy Bouchard

Jean-Rémi Girard président du SNALC, merci beaucoup.

« ...À un moment, on ne peut pas enseigner les langues vivantes. Imaginez les collègues qui font de l'anglais par paquet de 30. À un moment, il ne faut pas croire que le niveau oral va être miraculeux... »
Jean-Rémi GIRARD
Président du SNALC
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