Le 8 janvier 2026, à Mâcon, le SNALC de l’académie de Dijon organisait son congrès académique. Une journée dense, marquée par des échanges de grande qualité, centrée sur une question devenue essentielle : la souffrance au travail dans l’Éducation nationale, ses causes, et les leviers concrets pour y répondre.
En ouverture, Maxime Reppert, président du SNALC Dijon et vice-président national, a posé un cadre clair. Dès son engagement syndical, il a fait le choix de placer le bien-être des personnels au cœur de l’action, plutôt qu’un syndicalisme uniquement guidé par les réformes successives. Comment un métier souvent présenté comme « le plus beau du monde » peut-il aujourd’hui conduire à la démission, au burn-out, voire au suicide ?
Auteur d’un mémorandum consacré à la souffrance des personnels de l’Éducation nationale, il a insisté sur un mécanisme central : la culpabilisation. Une institution qui ne se remet jamais en question renvoie systématiquement la responsabilité de ses dysfonctionnements sur les agents. Dans ce contexte déshumanisé, l’objectif du SNALC est clair : remettre l’humain au centre, rappeler la légitimité professionnelle des personnels et affirmer que la santé doit toujours primer.
Cette orientation se traduit concrètement par la création d’un secrétariat national dédié aux conditions de travail et au climat scolaire, par des publications régulières et par des outils accessibles à tous les collègues.
Le congrès a également permis de présenter plusieurs dispositifs portés par le SNALC : la ligne SNALC Écoute, dédiée aux personnels en difficulté, et MOBI-SNALC, qui propose un accompagnement sur les questions de santé, de handicap, de mobilité ou encore de prévention de la souffrance au travail. Trois leviers structurent cette action : la prévention primaire (organisation du travail), secondaire (formation et outillage des personnels) et tertiaire (soutien et accompagnement).
La deuxième partie de la journée, animée par Luc Pavan, a porté sur les relations professionnelles et l’inclusion. L’inclusion « forcée », lorsqu’elle n’est ni préparée ni accompagnée, génère de la souffrance, chez les enseignants comme chez les élèves. Or, les personnels sont très peu formés à la communication et à la gestion des conflits, alors même que ces situations sont devenues fréquentes.
S’appuyant sur les apports de l’École de Palo Alto, il a rappelé que le conflit ne peut être évité : il doit être affronté, exprimé et travaillé, sans jamais basculer dans la violence. Le « pas de vagues », en minimisant les actes et en isolant les collègues, participe à une déresponsabilisation institutionnelle. Le SNALC défend au contraire une approche collective, structurée et protectrice.
Moment particulièrement marquant du congrès : l’intervention de Emmanuelle Piquet, thérapeute spécialiste de la thérapie brève stratégique. Avec humour et rigueur, elle a montré combien certaines stratégies mises en place pour résoudre un problème peuvent, paradoxalement, l’aggraver. À travers des situations concrètes vécues en milieu scolaire, elle a rappelé l’importance de changer de regard, de sortir des injonctions contre-productives et de redonner aux élèves comme aux adultes des marges de manœuvre.
Ce congrès de Mâcon a illustré avec force la ligne défendue par le SNALC : reconnaître la souffrance des personnels, refuser leur culpabilisation, promouvoir des réponses humaines, collectives et réalistes. Une démarche syndicale exigeante, résolument tournée vers la protection des agents et la défense de leur santé, dans un contexte institutionnel de plus en plus éprouvant.





