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Violences à l’École : du fait divers au phénomène de société

Violences à l’École : du fait divers au phénomène de société

Il n’y a pas si longtemps encore, lorsqu’une agression se produisait dans une structure scolaire, on parlait de « fait divers » ; on minimisait l’incident en évoquant un événement extraordinaire dans un établissement « pourtant tranquille » … Aujourd’hui, la réalité, implacable, nous le rappelle : il n’existe pas d’établissements « tranquilles ». Les violences en milieu scolaire se banalisent : agressions, menaces, harcèlement, traumatismes, suicides, meurtres. Et la liste n’est pas exhaustive.

Les exemples médiatisés, notamment d’agressions au couteau, sont de plus en plus nombreux ces dix dernières années. Dans ces violences, le problème n’est pas le couteau, mais le comportement de celui qui le tient. L’équipement des établissements en portiques de sécurité et les fouilles systématiques ne constituent donc pas des solutions viables, mais des propositions de simple affichage politique.

Au-delà de ces drames, l’augmentation et la répétition d’incivilités en apparence mineures entraînent une forte dégradation du climat scolaire quotidien. Elle est amplifiée par trois fléaux structurels au sein de l’institution : l’isolement, la culpabilisation et l’infantilisation des personnels, le tout dans un véritable climat d’omerta.  Même si, depuis la mort de Samuel Paty, il faut reconnaître une évolution bienvenue dans l’octroi de la protection fonctionnelle, cette violence multiforme ne peut plus être considérée comme une succession de faits divers. Il s’agit bien d’un phénomène de société.

Le SNALC n’a d’ailleurs pas attendu pour se mobiliser. Depuis 20 ans, grâce à son partenariat avec la GMF, il propose à ses adhérents une protection juridique pénale.

Dans le même esprit, le SNALC a décidé d’agir pour venir en aide aux collègues en créant mobi-SNALC, outil qui incarne sa philosophie : remettre l’humain au cœur des préoccupations.

Parallèlement à cette assistance, pour le SNALC, la lutte contre ces violences passe par trois actions essentielles :

  • Soutenir systématiquement les collègues ; rétablir l’autorité des personnels et reconnaître leur travail en le revalorisant ; recruter davantage pour améliorer le ratio d’encadrement ;
  • Responsabiliser les parents et les élèves, en affichant de la fermeté face aux manquements ; il faut en finir avec la politique de l’excuse ;
  • Investir dans la santé mentale des élèves comme dans celle des personnels, en recrutant massivement des personnels de santé et en organisant un suivi médical régulier.

Pour le SNALC, le temps des constats et de l’indignation est révolu : seule une action déterminée saura répondre à l’urgence de la situation. Il s’agit de garantir aux personnels comme aux élèves un cadre sûr et apaisant. Car au sein de l’École de la République, la dignité et la sérénité ne sont pas à négocier ; elles s’imposent, sans condition ni compromis.