L’édito du président

Jean-Rémi GIRARD
Edito de la revue Quinzaine universitaire n°1518 du 30 octobre 2026
Des millions d’euros de dégâts, des milliers d’arrestations et de gardes à vue, plus d’un millier de blessés dont plus d’une centaine de personnels de l’Éducation nationale : c’est ce qu’il a fallu pour prendre conscience que les réformes de Jean-Michel Blanquer posent de graves problèmes, que le bâti scolaire est en mauvais état et qu’on manque de remplaçants.
Le SNALC a pourtant, sur ces points et bien d’autres, servi de lanceur d’alerte. Sur la réforme du lycée général, il alertait dès le départ sur son manque d’articulation avec le supérieur et sur la complexité qu’elle allait introduire dans la composition des classes et la réalisation des emplois du temps. Sur le bâti scolaire, il n’a pas attendu la dernière vague de chaleur pour signaler qu’il y avait urgence, qu’on avait autre chose à faire que de réduire les vacances d’été alors que les températures augmentent, et qu’il serait avisé d’agir avant qu’on ait des morts dans nos établissements. Sur les remplaçants, il a travaillé à démontrer que supprimer des postes année après année revenait à s’attaquer aux capacités de remplacement, et a expliqué aux journalistes ce qu’était un TZR, et pourquoi en être un est bien davantage une souffrance qu’un privilège. Sur Parcoursup, devenu soudain le bouc émissaire idéal, le SNALC a dès le départ signalé sa lenteur et le manque de transparence des attendus et des critères de tri des établissements du supérieur. Si l’on avait eu du courage politique à l’époque sur ces points, on ne serait pas aujourd’hui en train de promettre la suppression de l’outil, qui ne pourra de toute manière être remplacé que par un clone.
Le politique doit prendre conscience de l’importance des corps intermédiaires, qu’il a constamment cherché à affaiblir, et qu’il appelle à la rescousse quand il n’arrive plus à gérer des situations qu’il a lui-même causées. Le SNALC est un syndicat professionnel, expert et indépendant. Il ne roule pour aucune écurie, ne prêche pour aucune chapelle sinon celle du système éducatif et de ses personnels. Il a toujours eu et aura toujours l’intérêt général en ligne de mire. Et il est capable, par sa présence dans les médias, d’informer les citoyens sur ce qui se passe réellement dans notre École aujourd’hui, ainsi que sur les causes qui nous ont menés à cette débâcle. Mais aussi de proposer des solutions qui commencent à être reprises : on parle enfin de taille des classes, on remarque enfin les effets délétères du contrôle continu. Bientôt, on se rendra compte que les épreuves nationales et anonymes sont une meilleure solution pour tout le monde. C’est déjà la conviction de nombre de formations du supérieur, qui regardent bien davantage les notes des épreuves anticipées que celles des bulletins.
Le SNALC continue donc son travail de fond, et son accompagnement individuel des collègues. Il sait que les prises de conscience globales prennent parfois du temps ou arrivent suite à des événements exceptionnels. Mais quand elles arrivent, que ce soit sur le lycée ou sur l’école inclusive et la question du statut des AESH, le SNALC est là, avec son expertise, prêt à veiller à ce que les remèdes ne viennent pas aggraver malencontreusement nos conditions de travail, prêt à rappeler que pour pourvoir les postes soudain créés, il faut un rattrapage salarial d’ampleur. C’est ce professionnalisme et cette capacité d’analyse et d’action que vous pouvez soutenir en votant pour le SNALC aux prochaines élections professionnelles, du 3 au 10 décembre. Nous pourrons ainsi poursuivre notre travail, qui n’a qu’un seul but : obtenir pour vous un meilleur traitement.





