En 2019, la loi Dussopt, loi n° 2019- 828 du 6 aoĂ»t 2019, a eu pour consĂ©quence la suppression des compĂ©tences des CAPD en matière de gestion des carrières et de mobilitĂ©. En effet, elles avaient jusqu’alors la prĂ©rogative de regard, de contrĂ´le et de vĂ©rification des dĂ©cisions administratives concernant l’avancement, les promotions et les mutations. DĂ©sormais, le champ d’action des syndicats siĂ©geant en CAPD est beaucoup plus limitĂ©.Â
Difficile de ne pas voir dans cette rĂ©forme profonde du dialogue social, un moyen pour l’administration de limiter le poids des organisations syndicales. Dans l’Éducation nationale, il faut reconnaĂ®tre que l’objectif a d’abord Ă©tĂ© atteint ; bon nombre de collègues ont cessĂ© d’adhĂ©rer Ă un syndicat, convaincus que « les syndicats ne servaient plus Ă rien ».Â
Mais force est de constater que la manoeuvre s’est quelque peu retournĂ©e contre le ministère, qui subit aujourd’hui l’effet pervers de cette loi Dussopt. En effet, suite à la suppression des CAPD relatives aux promotions et au mouvement intra-dĂ©partemental, le manque d’informations et de transparence autour des dĂ©cisions administratives a engendrĂ© une mĂ©fiance grandissante des enseignants Ă l’égard des dĂ©cisions de l’institution soupçonnĂ©es de manquer d’équitĂ©. Dans un contexte tendu par ailleurs par de nombreux facteurs – manque de soutien de la hiĂ©rarchie dans des situations problĂ©matiques de plus en en plus frĂ©quentes, relations compliquĂ©es avec les IEN, injonctions Ă travailler toujours plus sans compensation, atteintes Ă Â la libertĂ© pĂ©dagogique –, les professeurs prennent conscience de l’intĂ©rĂŞt d’être accompagnĂ©s tout au long de leur carrière.Â
Depuis la loi Dussopt, les motivations pour adhĂ©rer Ă un syndicat ont évoluĂ©. Auparavant, une majoritĂ© des professeurs des Ă©coles attendaient de leurs reprĂ©sentants qu’ils s’assurent du traitement équitable de leur dossier en CAPD qu’il s’agisse de mutation ou de promotion. DĂ©sormais, les collègues adhèrent à un syndicat pour se tenir informĂ©, pour ne pas tomber dans les nombreux pièges de l’administration et pour pouvoir ĂŞtre accompagnĂ© et dĂ©fendu le moment venu.Â
Les professeurs des Ă©coles rejoignent aussi de plus en plus le SNALC pour prĂ©venir les situations problĂ©matiques qu’ils voient se multiplier autour d’eux. Peu d’écoles échappent en effet aux injustices administratives, aux relations tendues avec des parents ou aux tensions avec l’IEN. Il n’est pas rare non plus que le SNALC apporte son soutien Ă des collègues qui ont envie de changer d’école, de dĂ©partement voire envisagent une reconversion.Â
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