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Une nouvelle rentrée en mode bricolage

L’Éducation nationale reste fidèle à sa réputation de première entreprise discount de bricolage de France. Cette nouvelle rentrée est à l’image des précédentes : on bricole, on bricole mais on ne construit rien. Cet amateurisme se voit de plus en plus sur tous les plans, avec des conséquences majeures sur les conditions de travail des personnels et sur le climat scolaire !

Il y a d’abord le bricolage autour du numĂ©rique. Depuis des dĂ©cennies, les ministres successifs ont essayĂ© de le dĂ©velopper au sein de l’Éducation nationale. Soyons honnĂªtes, le bilan est très mauvais : Ă©pisode des tablettes numĂ©riques Ă  l’époque de Najat Vallaud-Belkacem, dĂ©veloppement et entretien archaĂ¯que du parc informatique dans les Ă©tablissements scolaires, fiabilitĂ© douteuse des outils informatiques, ou encore perte de 400 M€ dans un logiciel RH qui n’a jamais pu voir le jour.

Le tout numérique voulu est un échec, la faute à un manque criant de moyens et de compétences. Pire, les multiples piratages informatiques dont a été victime l’EN (le dernier concernerait 346 millions de « lignes » de données brutes sur plus de 20 ans) exposent les agents et les élèves aux risques cyber les plus graves.  L’amateurisme numérique de l’État met en danger les personnels de l’Éducation nationale, qui deviennent de plus en plus vulnérables.

Ce bricolage est visible depuis longtemps Ă  travers la question du bĂ¢ti scolaire. Les Ă©pisodes de canicules rĂ©cents, amenĂ©s Ă  se multiplier de plus en plus, illustrent bien ce phĂ©nomène. Ils mettent en Ă©vidence l’impuissance des autoritĂ©s Ă  assurer la sĂ©curitĂ© physique des Ă©lèves et des personnels et Ă  mettre en place une politique d’investissements ambitieuse dans ce domaine.

Dans ce contexte de plus en plus Ă©prouvant, les personnels ont vu cet Ă©tĂ© se restreindre encore les possibilitĂ©s de prĂ©server leur santĂ© physique et morale et de se soigner dans de bonnes conditions. Après la baisse de l’indemnisation des arrĂªts maladie en 2025, ce sont maintenant les conditions d’accès au temps partiel thĂ©rapeutique qui sont restreintes de manière inacceptable, avec l’introduction notamment d’un possible refus pour « nĂ©cessitĂ©s de services » ! Les congĂ©s de maladie, quant Ă  eux, vont faire l’objet, entre autres mesures, de nĂ©buleux contrĂ´les administratifs… Le SNALC ne peut quâ€™Ăªtre rĂ©voltĂ© face Ă  l’essentiel du dĂ©cret n° 2026-705 du 29 juillet 2026 qui aura des consĂ©quences nĂ©gatives et contre-productives Ă  tous les niveaux : dĂ©gradation de la santĂ© des agents et/ou davantage d’arrĂªts maladie avec perte de salaire, et difficultĂ©s supplĂ©mentaires pour la continuitĂ© de service.

Face à cette vulnérabilité accrue, les personnels vont devoir affronter une nouvelle année scolaire qui sera très certainement à nouveau marquée par de multiples violences et pressions. La banalisation de cette violence, tout comme le Pas de vagues, constituent toujours un problème majeur pour les personnels au quotidien. Sur fond d’une crise d’attractivité des métiers qui perdure, et sur la crainte d’un rabotage des moyens alloués lors du prochain exercice budgétaire, les personnels subissent pour beaucoup des conditions de travail dégradées et dégradantes.

La sécurité et la santé des agents sont la priorité du SNALC. C’est pourquoi nous sommes le seul syndicat à avoir voté lors du CSE du 9 juillet dernier pour la possibilité de changer d’établissement un élève si le comportement d’un parent ou d’un membre de la famille compromet gravement le fonctionnement de l’école ou menace la sécurité des personnels (décret n° 2026-687 du 28 juillet 2026).

C’est dans ce contexte difficile que le SNALC continue et continuera d’accompagner sans relĂ¢che ses adhĂ©rents, au niveau acadĂ©mique comme national. Il adapte et renforce Ă©galement ses outils, sans cesse plĂ©biscitĂ©s, Ă  l’image du dispositif exclusif de mobilitĂ© et d’accompagnement face Ă  la souffrance au travail : mobi-SNALC. Après avoir enrichi il y a deux ans le volet Ă©volution professionnelle de ce dispositif Ă©prouvĂ© avec un « Parcours individuel de compĂ©tences », il propose depuis 2026 une prise en charge spĂ©cifique dĂ©diĂ©e Ă  la gestion de conflits. Pour le SNALC, sĂ©rĂ©nitĂ© et dignitĂ© ne sont pas nĂ©gociables.