Le SNALC Lyon est actuellement destinataire d’un très grand nombre de messages d’AESH particulièrement inquiets après l’envoi des courriels relatifs au passage des PIAL vers les PAS à la rentrée 2026.
Au-delà du déploiement lui-même des PAS, c’est surtout la méthode employée par l’administration et le contenu des documents transmis qui provoquent une forte incompréhension sur le terrain.
Les collègues concernés se voient en effet demander de faire connaître rapidement leur “acceptation” ou leur “refus” d’un nouveau périmètre d’affectation pouvant inclure des modifications géographiques parfois importantes. Le coupon réponse transmis précise explicitement qu’en cas de refus, “une procédure de licenciement sera alors engagée à l’initiative de l’employeur”.
Dans le même temps, le courrier adressé aux AESH évoque clairement « soit par le déploiement d’un PAS entraînant une modification de votre zone géographique d’affectation », « soit par une modification de la zone géographique de votre PIAL ».
L’administration reconnaît donc elle-même que le passage en PAS peut entraîner une évolution substantielle des secteurs d’intervention de certains AESH.
Les annexes jointes permettent certes d’identifier les nouveaux périmètres et les établissements concernés. Dans certaines situations, les modifications semblent limitées, voire aboutissent à des secteurs plus restreints. Dans d’autres, en revanche, les regroupements opérés peuvent entraîner un élargissement significatif des zones d’affectation et des déplacements supplémentaires.
C’est précisément cette absence d’homogénéité des situations qui rend particulièrement problématique la présentation extrêmement binaire du “recueil d’accord”.
Le SNALC souligne également que les PAS demeurent aujourd’hui dans une situation juridique particulièrement fragile. Malgré leur déploiement massif dans les départements, leur généralisation nationale a de nouveau été rejetée par l’Assemblée nationale en mai 2026 après l’échec de la commission mixte paritaire.
Pourtant, le ministère poursuit leur extension à marche forcée sur le territoire national alors même que les PAS restent encore fondés sur des circulaires et des expérimentations.
Le flyer académique précise par ailleurs que le PAS constitue « une nouvelle organisation au service de la réussite de tous les élèves à besoins éducatifs particuliers ».
Le SNALC rappelle donc avec fermeté que les missions des AESH demeurent strictement encadrées par la circulaire 2017-084 du 3 mai 2017 et que les AESH n’ont pas vocation à prendre en charge l’ensemble des élèves à besoins éducatifs particuliers hors notification CDAPH.
Dans ce contexte, la formulation des documents adressés aux AESH apparaît particulièrement brutale pour des personnels déjà fortement précarisés et confrontés à de nombreuses difficultés d’exercice.
Le SNALC Lyon a interpellé le service de l’école inclusive concernant les très nombreuses remontées des collègues ainsi que le caractère particulièrement anxiogène des formulations employées dans les courriers transmis.
Les besoins en AESH demeurent aujourd’hui extrêmement importants et les situations individuelles devront nécessairement être examinées avec attention, notamment pour les collègues disposant d’une RQTH, de restrictions médicales reconnues ou de contraintes géographiques particulières.
Le SNALC poursuivra ses échanges avec l’administration académique et nationale afin d’obtenir des clarifications précises sur les conséquences concrètes du passage des PIAL vers les PAS pour les personnels concernés.





