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AESH, AED et autres contractuels : détresse de personnels hyper-méprisés…

Pour les AESH, AED, contractuels enseignants, CPE, Psy-EN, administratifs …, on retiendra de l’année scolaire 2025/2026 des marques de mépris inouïes de la part de l’institution à leur égard !

Rémunération : une honte

En raison de la dernière hausse du SMIC au 1er juin 2026, de très nombreux contractuels perçoivent une indemnité différentielle depuis cette date puisqu’aucun agent public ne peut toucher un traitement brut en dessous du SMIC.

Longtemps réservée aux AED en CDD, le Ministère a dû étendre cette indemnité différentielle SMIC, à partir de juin 2026, aux AED en CDI, à certains AESH (ceux rémunérés à l’échelon 1 ou 2) mais également à des contractuels occupant des emplois de catégorie A, soit des emplois de cadres, tels que les contractuels enseignants, CPE, Psy-EN, voire à certains contractuels administratifs.

Pour le SNALC, rémunérer les contractuels de l’Éducation nationale au SMIC est profondément indigne car sans les qualifications et compétences de ces personnels, l’école se trouverait dans l’incapacité de remplir sa mission de service public d’éducation !

Par ailleurs, comment peut-on qualifier le blocage de la revalorisation indiciaire due depuis le 1er septembre 2025 aux premiers AED CDIsés ? Pour les AED, le fiasco de la CDIsation se double donc d’un fiasco de la revalorisation.

Le SNALC demande de revoir urgemment, nationalement et ambitieusement les grilles indiciaires des AESH, contractuels enseignants, CPE et Psy-EN et d’en élaborer une pour les AED et une pour les contractuels ingénieurs, administratifs, techniques, pédagogiques, sociaux et de santé (IATPSS). Il demande également une révision des modalités de revalorisation de ces personnels.

Congé maladie et subrogation : une ignominie

Malgré l’entrée en application de la mutuelle santé collective (obligatoire) au 1er mai 2026 puis de la mutuelle prévoyance collective (facultative), lorsqu’on est contractuel, mieux vaut ne pas se voir délivrer un arrêt de travail.

En effet, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé qu’il n’était pas prêt à mettre en œuvre la subrogation au 1er janvier 2027, pourtant prévue par l’article 15 du décret 2025-197 du 27 février 2025, et qu’il y avait même peu de chances qu’il le soit d’ici fin 2027 !

Or, l’absence de subrogation (mécanisme qui permet à l’employeur de continuer à verser la rémunération d’un agent en congé pour raison de santé tout en percevant directement les indemnités journalières de la Sécurité sociale) engendre des démarches administratives complexes et d’énormes difficultés financières pour les contractuels.

En plus du déclassement, de la SMICardisation et de la paupérisation de tous les contractuels de l’Éducation nationale orchestrés par le pouvoir politique, cet énième report de la subrogation démontre que le dédain ministériel et interministériel envers ces personnels contractuels n’a vraiment aucune limite !

Le SNALC, qui a toujours fait de la subrogation pour les contractuels l’une de ses revendications majeures, continuera à agir pour que son application ne soit pas davantage repoussée aux calendes grecques. De plus, le décret 2026-705 du 29 juillet 2026 acte l’extension de la subrogation pour les agents contractuels de la fonction publique d’État exerçant à temps partiel thérapeutique à partir du 1er janvier 2027.

Pôles d’appui à la scolarité (PAS) : un affront

Les PAS ont été expérimentés à la rentrée 2024 dans quatre départements puis 500 PAS ont été déployés à la rentrée 2025 à travers le territoire et 1 000 le seront à la rentrée 2026.

Synonymes d’incertitudes et donc de craintes pour tous les personnels de l’Éducation nationale, ces PAS sont d’ores et déjà d’une violence inouïe pour les AESH. En effet, en cette fin d’année scolaire, nombre d’AESH ont reçu un avenant à leur contrat (CDD ou CDI) pour un passage en PAS ne leur laissant pour la plupart qu’un choix entre accepter une zone d’intervention beaucoup plus large (et donc des frais de déplacement et de la fatigue supplémentaires) ou un licenciement en 2026/2027. Comment ne pas voir dans le déploiement de ces PAS à marche forcée – n’ayant toujours pas d’existence légale – une autre forme de mépris de la part de notre ministère ?

Qu’ils exercent désormais en PAS ou toujours en PIAL, en 2026/2027, le SNALC continuera à veiller au respect des missions et des droits des AESH comme il le fait pour tous les autres contractuels.

Enfin, une réunion consacrée à la présentation du bilan des PAS est programmée le 15 septembre prochain au ministère de l’Éducation nationale. Le SNALC ne manquera pas de confronter ledit bilan à ses propres remontées de terrain.

Statut de fonctionnaire pour les AESH : un risque de faux-semblant

Depuis mai 2026, des discussions ont été engagées entre le ministère de l’Éducation nationale et les organisations syndicales représentatives, dont le SNALC, pour la création d’un statut de fonctionnaire pour les AESH.

Espérons que les annonces de la Conférence Nationale du Handicap (CNH) du 4 septembre prochain confirmeront la nécessité de fonctionnariser ces personnels.

Quoi qu’il en soit, le SNALC défend sans relâche un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH et cela sans leur imposer de « travailler plus pour gagner plus » et/ou sans créer une nouvelle profession aux missions plus ou moins définies comme envisagé par le Ministère à l’ouverture de ce grand chantier.

De plus, le SNALC rejette la proposition ministérielle de ne permettre qu’à 20 % maximum d’AESH d’accéder au statut de fonctionnaire : une telle limite reviendrait à maintenir la très grande majorité d’entre eux dans la précarité.

Cadres de gestion : une mesquinerie

Le cadre de gestion des contractuels enseignants, CPE et Psy-EN et celui des AESH sont complètement obsolètes puisqu’ils datent respectivement de 2017 et 2019. Quant à celui des contractuels IATPSS publié en août 2025 et celui des AED publié en octobre de la même année, ils ne garantissent en rien un respect des droits de ces personnels.

Tant que les cadres de gestion se limiteront à des préconisations aux rectorats pour mieux traiter ces agents, les améliorations managériales qui pourront en découler ne seront que marginales et le coche d’une réelle sécurisation des métiers et parcours professionnels des contractuels sera loupé.

Pour le SNALC, tous ces cadres de gestion doivent être réécrits dans l’optique de répondre aux revendications des personnels et de protéger immédiatement et significativement leurs conditions d’emploi, de rémunération et de travail !