Depuis plusieurs années, le SNALC constate deux problèmes majeurs et étroitement liés : la perte du sens du métier pour les enseignants et la défiance croissante de l’institution à l’égard de ses professeurs. Cette défiance se traduit par la multiplication des contrôles et des prescriptions sur la manière d’enseigner ou d’évaluer. Les programmes sont moins prolixes sur le contenu à enseigner, mais de plus en plus injonctifs sur le « comment faire ». Les projets locaux d’évaluation en constituent un exemple parmi bien d’autres. Elle se manifeste également par la création de dispositifs au sein desquels des experts, qui n’enseignent pas ou plus, viennent expliquer aux professeurs quelle pédagogie ils devraient adopter. Elle apparaît enfin dans les nouveaux référentiels de formation des futurs enseignants où la didactique et la pédagogie prennent une place toujours plus importante au détriment des connaissances disciplinaires.
Pour le SNALC, il est temps de remettre les connaissances au centre et de faire confiance aux professeurs. Ils doivent pouvoir se former aux différentes approches pédagogiques et exercer leurs choix en tant que professionnels et premiers experts de leur enseignement. Le rôle de la hiérarchie devrait dès lors être clair : leur permettre d’exercer leur métier dans les meilleures conditions et non se substituer à eux en prétendant savoir mieux qu’eux comment enseigner.
Pour que le métier retrouve son sens et que les élèves disposent d’un enseignement de qualité, chaque discipline doit prendre toute sa place et disposer de programmes clairs sur les connaissances à acquérir. Cela suppose notamment que les options comme les langues anciennes bénéficient de véritables horaires, que la technologie soit enseignée à tous les niveaux et que les effectifs permettent réellement d’accompagner les élèves.
Enfin, pour une École qui élève et qui conforte la professionnalité de ses « hussards noirs », il faut faire rimer bienveillance avec exigence.
Avant de multiplier les annonces à grand renfort de fanfare et trompettes sur les examens et parallèlement au travail nécessaire sur les programmes et les effectifs, il faut s’attaquer au traitement de la difficulté et de l’échec scolaire. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un système dans lequel des élèves traversent leur scolarité jusqu’au baccalauréat avec des lacunes parfois abyssales en matière de compréhension, de connaissances et de réflexion.
C’est pourquoi le SNALC continuera de pousser le Ministère à engager une réflexion refusant l’assimilation systématique de toute forme d’exigence à un risque de tri social. Laisser des élèves en grande difficulté s’engager dans l’enseignement supérieur sans leur avoir donné en amont le temps, les moyens et les conditions nécessaires pour progresser, n’est pas acceptable pour le SNALC.





