Qu’il est difficile, et même douloureux, pour un professeur des écoles de voir son métier se dégrader année après année. Les PE ne sont pas de simples « ressources humaines » à administrer, ni des variables d’ajustement budgétaire. Ce sont des professionnels engagés, qualifiés, exigeants, qui tiennent l’École à bout de bras, malgré une institution qui, trop souvent, les ignore, les rabaisse et les méprise. Le SNALC fait un constat lucide de la situation, sans complaisance et sans faux-semblants.
La souffrance ancrée
La souffrance dans la profession ne date pas d’hier. Mais aujourd’hui, elle s’aggrave à un rythme alarmant. Les arrêts maladie et les accidents du travail se multiplient, les démissions en cours de carrière — autrefois exceptionnelles — deviennent de plus en plus fréquentes, et le métier n’attire plus. Pourtant, du côté de l’institution, aucune prise de conscience perceptible de la gravité de la situation : on continue d’avancer comme si de rien n’était, en entretenant l’illusion du mouvement par une succession de réformes de façade. C’est cette inertie, maquillée en volontarisme, que le SNALC dénonce.
Force est de constater que le métier de professeur des écoles doit être profondément repensé. Cette rentrée 2026, une fois de plus, ne laisse entrevoir aucune avancée pour la profession, bien au contraire. Pour le SNALC, pourtant, il y a urgence à agir.
Le mépris salarial
Tout d’abord en ce qui concerne les salaires. Le SNALC demande un réel rattrapage salarial de 1 000 € nets par mois pour tous les professeurs des écoles, afin de compenser la perte de pouvoir d’achat accumulée au fil des années et de s’aligner sur les autres fonctionnaires de catégorie A. Cette reconnaissance financière n’est pas un privilège : elle est le reflet du niveau de qualification, de l’engagement et des responsabilités que porte chaque professeur au quotidien. À cette revalorisation doivent s’ajouter les heures supplémentaires effectives jusqu’ici non payées, car le professeur des écoles est sollicité bien au-delà de ses obligations réglementaires de service pour des réunions, formations, concertations ou autres heures invisibles, etc. Ce temps représente une charge de travail supplémentaire réelle pour les équipes pédagogiques.
La négation des besoins
Au-delà de la rémunération, ce sont les conditions de travail au quotidien qui doivent évoluer en profondeur. Le SNALC appelle à un allègement réel et durable des tâches administratives chronophages, dont la multiplication a progressivement empiété sur le temps consacré à l’enseignement. Le SNALC réclame également une stabilité des programmes : les enseignants ont besoin de visibilité et de continuité pour exercer leur métier avec sérénité, sans avoir à s’adapter constamment à de nouvelles orientations ministérielles.
En ce qui concerne les conditions d’apprentissage dans les classes, le SNALC demande un plafonnement à 22 élèves par classe dans les classes non dédoublées. Accueillir des effectifs trop importants nuit directement à la qualité de l’enseignement et à la capacité des professeurs à accompagner chaque élève selon ses besoins.
Cette mesure est également liée à la question de l’inclusion scolaire : si elle constitue un objectif légitime, elle doit s’accompagner de moyens humains à la hauteur. Le SNALC demande une prise en compte réelle de la charge que peuvent représenter des élèves en situation de handicap dans le calcul des effectifs, ainsi qu’un renforcement significatif des RASED et des structures spécialisées. En parallèle, il défend un accès facilité aux parcours de formation professionnelle, avec un plus grand nombre de congés de formation accordés, et davantage de transparence dans toutes les procédures — temps partiels, détachements et mutations…
La protection en défaut
La question de la protection des personnels est tout aussi fondamentale. Les professeurs doivent pouvoir compter sur le soutien effectif et bienveillant de leur institution en cas de conflit avec des familles ou des tiers. Cela implique un appui clair de la hiérarchie, un accompagnement juridique garanti pour les enseignants en difficulté et des écoles mieux sécurisées. Le directeur d’école ne peut endosser à lui seul toutes les responsabilités. À cet égard, le SNALC demande la création de postes d’aide à la direction dans les écoles. De plus, le stress lié, entre autres, aux situations conflictuelles de plus en plus nombreuses exige un suivi médical sérieux, complètement inexistant dans l’Éducation nationale. Le SNALC souhaite la mise en place d’un suivi médical régulier, accessible sur le temps de travail, ainsi qu’un renforcement concret de la prévention de l’épuisement professionnel, qui touche un nombre grandissant d’enseignants du premier degré.
Le déni de pénibilité
Sur la question des rythmes scolaires, il est temps d’arrêter de tergiverser sur le sujet quand l’immense majorité des professeurs des écoles plébiscite la semaine de 4 jours et que 95 % des écoles fonctionnent effectivement sur quatre jours. Le SNALC propose d’établir la semaine de quatre jours comme norme nationale, la semaine de quatre jours et demi devant demeurer une organisation dérogatoire et non la règle. Les vacances scolaires, qui constituent un équilibre indispensable pour les élèves comme pour les enseignants, doivent être pleinement préservées. Le SNALC demande par ailleurs la reconnaissance officielle de la pénibilité du métier de professeur des écoles dans la détermination de l’âge de départ à la retraite. Enseigner, c’est exercer une profession exigeante, physiquement et émotionnellement, et cette réalité doit être prise en compte.
En cette rentrée 2026, le SNALC dénonce, plus que jamais, le manque criant de reconnaissance, de confiance et de protection dont souffre le métier de professeur des écoles. Les enseignants sont au cœur du système éducatif et jouent un rôle déterminant dans la formation des générations futures. Le SNALC porte des revendications fortes avec le souci constant de défendre une école de qualité, exigeante et équitable, au service de tous.





