Le SNALC a déjà dénoncé le déploiement des PAS qui, à la suite des PIAL, vont détériorer davantage les conditions de travail des enseignants et des AESH, et modifier la prise en compte du handicap. Quelles en sont les conséquences prévisibles ?
► L’Éducation nationale deviendra prescriptrice. Le risque est alors de passer d’une logique dans laquelle l’offre d’accompagnement répond aux notifications de la MDPH à une logique inverse. L’offre d’accompagnement pourrait ainsi déterminer progressivement la réponse apportée aux besoins des élèves.
► L’Éducation nationale travaillera plus étroitement avec le secteur médico-social. Ce rapprochement se concrétisera par une collaboration avec des éducateurs spécialisés.
► Le public concerné par le dispositif s’élargira considérablement. Les AESH continueront à accompagner les élèves en situation de handicap, mais le PAS ne se concentrera plus uniquement sur eux : le dispositif vise désormais l’ensemble des élèves à besoins éducatifs particuliers.
C’est cette troisième évolution qui doit particulièrement attirer notre attention ; la compensation humaine, portée notamment par les AESH, n’est plus appelée à constituer la réponse de référence. Pour les professeurs, la conséquence est très concrète : il leur faudra davantage encore recourir à la compensation pédagogique pour faire réussir les élèves à besoins éducatifs particuliers. Or, comme le rappelle régulièrement le SNALC, tous les élèves peuvent potentiellement être considérés comme ayant des besoins éducatifs particuliers. Autant dire que nous ne sommes pas sortis des ronces…
Certains verront du positif dans le rapprochement entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social. Si le SNALC ne conteste pas l’intérêt d’une meilleure coopération entre professionnels, il ne se fait pas d’illusion sur l’ensemble du dispositif. Faire cours devant 25 à 30 élèves, gérer l’inflation des PAP et des PPRE tout en accueillant plusieurs élèves en inclusion constitue déjà une équation particulièrement complexe. Cette situation met en difficulté voire en souffrance bon nombre d’enseignants et mène beaucoup d’élèves à l’échec. Avec les PAS, la pression risque de s’accentuer : le professeur devra encore adapter davantage pratiques, supports, et rythmes d’apprentissage jusqu’à près d’une douzaine par classe.
La réponse au handicap est donc appelée à se diluer dans une catégorie beaucoup plus large et, dans un contexte de diminution du nombre d’AESH, la charge de l’adaptation va encore se reporter davantage sur l’enseignant.
Le SNALC attend le bilan de l’expérimentation des PAS dont la publication est annoncée pour le 15 septembre 2026. Il est d’ores et déjà clair que ce dispositif aggravera une inclusion déjà malmenée et génératrice de souffrances pour tous.





